Zénaïde de Plagny est née à Pétrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) le 25 Mars 1914, d’un père militaire dans l’armée du tsar Nicolas II, Alexis de Plagny et de Zénaide Fadééff, elle-même fille d’un général de l’armée Russe.
Zina, diminutif de Zénaïde, ne connut presque pas son père puisque celui-ci mourut d’une infection généralisée à la suite d’une blessure mal soignée pendant la 1ère Guerre Mondiale.
Sa mère émigra en France avec ses enfants peu après la Révolution, où son goût des étoffes et ses dons pour la couture lui permirent de gagner sa vie comme costumière de théâtre.
Après quelques années passées dans un pensionnat de Chalons-sur –Marne, Zina réintégra la vie des Russes blancs, certes difficile du point de vue matériel , mais agrémentée de moments de grande convivialité. C’est parmi les amis fréquentés par sa famille, qu’elle rencontra et épousa Léon Koudine en 1932.

Elle fut immédiatement plongée dans le monde de la création artistique et de la Haute Couture. En portant les vêtements créés par Nina Ricci et dont son mari faisait les illustrations pour les journaux de mode, elle apprit à apprécier la qualité des tissus et des coupes. Il fut également son mentor dans l’apprentissage du dessin pour textiles, et elle se mit à travailler avec lui pour les plus grandes Maisons.
Quand il disparut prématurément à l’âge de 39 ans, elle n’en avait que 25, mais la solide formation acquise dans l’atelier de son mari et le soutien de sa mère toujours proche, lui permirent d’approfondir ses acquis en travaillant comme dessinatrice dans divers ateliers puis de mûrir un projet personnel qui se concrétisa après la guerre avec l’ouverture de l’Atelier ZINA DE PLAGNY.
Elle engagea plusieurs dessinateurs et dessinatrices talentueux dont certains avaient déjà travaillé avec son mari dans le contexte de grande créativité artistique des années 30. L’Atelier créait des dessins essentiellement pour tissus, mais aussi pour foulards et carrés de soie.
On retrouve dans certains dessins de l’atelier, l’influence de divers artistes et mouvements de l’époque, tels que Matisse, Dufy ou même les Constructivistes, tandis que d’autres, très novateurs pour l’époque, présentent aujourd’hui une étonnante contemporanéité, qui a d’ailleurs conduit des éditeurs d’aujourd’hui à retenir certains dessins pour leur production.
Malgré le contexte économique difficile de l’après-guerre, les fabricants de tissus étaient nombreux et appréciaient les dessins proposés par l’Atelier Zina de Plagny. Les principaux clients étaient les Soyeux de Lyon, mais il y en avait aussi en Italie, en Suisse , en Grande-Bretagne…
C’est justement en se rendant à Lyon qu’elle rencontra dans le train un jeune ingénieur de Centrale, Jacques Bédel de Buzareingues, futur père du TGV. Après leur mariage en 1947, elle continua à travailler quelques années tout en élevant son premier enfant avec l’aide de sa mère qui, selon la tradition russe, vivait avec eux. Souhaitant un deuxième enfant, elle renonça à sa vie professionnelle mais en garda le souvenir bien vivant à travers les récits colorés qu’elle en faisait à ses enfants et petits-enfants, jusqu’à sa mort, le 24 avril 2000 .

